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FOOTBALL WORLD VISION

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FACE AUX DÉRIVES DE LA MONDIALISATION : IMPOSER UN QUOTA DE JOUEURS LOCAUX

  • Jan 24 / 2015
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CLUBS & SÉLECTIONS

FACE AUX DÉRIVES 

DE LA MONDIALISATION : 

IMPOSER UN QUOTA

DE JOUEURS LOCAUX

 

ETAT DES LIEUX 

Le 15 décembre 1995, la Cour de Justice des Communautés Européennes promulgue le fameux Arrêt Bosman, du nom d’un obscur joueur Belge qui était entré en litige avec les instances du football à cause d’un transfert qui a mal tourné. On note deux points importants :

le premier généralise enfin la légalisation du contrat à temps : un joueur peut librement quitter son club en fin de contrat sans aucune contrepartie financière (indemnité de transfert, de formation ou de promotion);

– le second, extrêmement controversé, abroge les quotas nationaux à l’intérieur de l’espace communautaire : un club issu de la Communauté Européenne, peut aligner un nombre illimité de joueurs ressortissants d’autres Etats Membres.

Dans les années 2000, cette jurisprudence est étendue à tous les Etats qui ont signé un accord de coopération économique avec l’Union Européenne (UE). Les verdicts sont tour à tour prononcés par les Arrêts Malaja (2002), Kolpak (2003) et Simutenkov (2005). Le Président de la FIFA Sepp Blatter évoque « un arrêt  Bosman puissance 10 ». Aujourd’hui, les travailleurs issus de 126 pays (dont 28 de l’UE depuis 2013) sont considérés comme communautaires. L’espace qui dépasse largement les frontières européennes, englobe par pans entiers des régions d’Afrique, des Caraïbes et de l’Océanie. A quand une ouverture pour les Amériques et l’Asie ?

Indéniablement, la grande avancée de l’arrêt Bosman est d’avoir permis aux sportifs de jouir d’une plus grande liberté de mouvement. Mais qui dit papillonnage, dit effet papillon : la disposition comportait aussi les germes prévisibles d’une dérégulation qui allait contribuer à faire disparaître cette « main invisible ». Impuissantes, les institutions sportives n’hésitent pas à parler de « séisme Bosman » qui se caractérise par les traits suivants :

– déréglementation du marché : explosion des salaires et des indemnités de transferts ;

– déstabilisation des effectifs marqués par des départs et des arrivées plus fréquents ;

– concentration des meilleurs talents vers les pays les plus riches ;

– dévaluation économique et sportive des ligues exportatrices ;

– délaissement et dévalorisation de la formation, pillage des centres de formation ;

– nombreuses atteintes à l’équilibre compétitif, resserrement de l’élite autour des clubs les plus nantis ;

– disparition de l’identité nationale : certains clubs alignent onze étrangers au coup d’envoi.

Bosman

Arrêt Bosman : le quota est mort ! Vive le gotha !

Inquiète des dérégulations provoquées par l’Arrêt Bosman, la FIFA a tenté de réagir en stabilisant les effectifs, en revalorisant la formation en club et en limitant le nombre de joueurs étrangers par équipes. Mais c’était sans compter sur L’Union Européenne qui curieusement sera la seule organisation gouvernementale à pouvoir négocier. Justement, cette dernière estime également qu’une réforme est nécessaire, notamment sur les indemnités de transferts qu’elles considèrent comme un obstacle à la libre circulation des travailleurs au sein de l’UE. Il faut donc trouver un juste équilibre entre le sportif et le juridique. Un regain d’optimisme apparaît en 2000, quand le Conseil Européen reconnaît la spécificité du sport dans sa Déclaration de Nice et qui sera mentionnée dans son futur Traité Constitutionnel (article 165 du Traité de Lisbonne entré en vigueur en 2009). Malgré quelques accointances entre les fédérations sportives et l’UE, les résultats seront mitigés.

Carton rouge pour le 6 + 5 de la FIFA 

Nonobstant les quelques points de convergence trouvés avec l’UE lors de la réforme des transferts conclue en 2001, la FIFA n’est toujours pas satisfaite. Depuis l’arrêt Bosman, l’instance mondiale ne cesse de promouvoir le « 6+5 » qui consiste à regrouper dans un club au moins six joueurs sélectionnables (qui possèdent la nationalité du pays dans lequel le club est domicilié) et au plus cinq étrangers dans le onze de départ. Objectif : insuffler davantage de régulation dans le marché et les compétitions, mais aussi défendre la formation et l’identité nationale des clubs intimement liées à celle des sélections. En 2008, Sepp Blatter se montre particulièrement offensif pour imposer le 6+5 et le fait adopter par le Congrès de Sydney. Il obtient le soutien des politiques (Nicolas Sarkozy le président Français ou Angela Merkel la chancelière allemande) ou bien des personnalités sportives (des anciens joueurs comme Beckenbauer ou Cruyff ou bien le président du CIO Jacques Rogge). La FIFA sollicite même l’aide des experts de l’INEA (Institute for European Affairs)  qui dans un rapport ad hoc, démontrent que le « 6+5 » est une règle purement sportive et que par conséquent, elle ne serait pas en infraction avec les lois communautaires. La FIFA ambitionne son application qui serait progressive : 4+7 en 2010-2011, 5+6 en 2011-2012, 6+5 en 2012-2013. Mais ce concept se heurte à un refus catégorique de l’UE car d’un point de vue juridique, le 6+5 reste contraire à l’article 39 du traité européen relatif à la libre circulation des travailleurs au sein de l’Union. En 2010, la FIFA fait savoir qu’elle abandonne le 6+5 pour réfléchir à d’autres alternatives.

Carte blanche pour le 4+4 de l’UEFA   

Pour contourner l’obstacle de la nationalité, l’UEFA propose d’imposer un quota de joueurs formés localement (au pays) dans chaque club engagé en Coupe d’Europe et ce sans distinction de nationalité. Ainsi est lancée la règle du joueur formé localement « home-grown players rules », qui est avalisée par l’Union Européenne. Sur la liste première de chaque formation qualifiée, 8 des 25 joueurs inscrits doivent posséder ce statut. La formule est aussi connue sous le nom de 4+4, car chaque équipe est tenue de présenter au moins 4 joueurs formés par leur soin. Les 4 autres positions peuvent être complétées par des footballeurs façonnés par un autre club, pourvu qu’il soit issu du même pays. Si ces conditions ne sont pas remplies, ladite liste doit être réduite en conséquence. Est considéré comme formé localement, tout joueur qui a évolué au moins trois ans dans un ou plusieurs clubs affiliés à la même association nationale, à un âge compris entre 15 et 21 ans. Cette mesure est graduellement entrée en vigueur : 2+2 en 2006-07, 3+3 en 2007-08 et 4+4 en 2008-09. Ci-dessous, un tableau qui recense le nombre de joueurs formés aux pays (ou ayant grandi dans le territoire indiqué le cas échéant) ainsi que ceux formés par les clubs eux-mêmes qui les emploient au sein des 5 ligues les plus riches au monde entre 2008 et 2014. La réforme semble inefficace car en 8 ans, le pourcentage de joueurs formés aux clubs est resté stable (14,8%).  Le taux de footballeurs forgés aux pays, a même régressé (57,1 en 2008 contre 53,4 en 2014). Le résultat n’est guère surprenant puisque cette catégorie n’occupe seulement qu’un tiers de l’effectif et peut être facilement concurrencée par une seconde liste pouvant accueillir un nombre illimité de joueurs de moins de 21 ans ayant au moins 2 ans d’ancienneté dans le club !

Pourcentage de joueurs formés par les pays du Big Five (2008-2014)

Ligues 2007-08 2008-09 2009-10 2010-11 2011-12 2012-13 2013-14
Tous57,1 (14,8) 56,7 (14,8) 56,3 (14,9)56,5 (16,4) 57,5 (15,2) 55,6 (15,5) 53,4 (14,8)
ENG41,1 (12,1) 43,3 (13,7) 40,5 (11,5)41,6 (12,3) 45,1 (12,5) 38,9 (12,2) 37,0 (12,1)
ESP60,2 (18,0) 63,2 (18,8) 64,1 (22,1)60,4 (24,5) 61,9 (23,9) 61,5 (22,7) 60,9 (19,3)
FRA68,1 (23,0) 69,1 (21,3) 68,6 (21,0)69,9 (21,3)71,6 (18,8) 74,3 (18,6) 67,5 (18,4)
GER48,0 (12,6) 45,4 (11,9)48,3 (13,5)57,1 (16,7)57,4 (14,9) 55,7 (16,9) 58,5 (17,3)
ITA66,4 (7,6) 60,6 (7,7) 58,6 (6,0)53,5 (7,1)51,4 (5,6) 47,5 (7,1) 45,4 (7,8)
Le pourcentage de joueurs formés par les clubs eux-mêmes est indiqué entre parenthèses
Source CIES (base de données) : football-observatory.com

En 1996, année où l’arrêt Bosman est entré en vigueur, le pourcentage moyen du nombre d’étrangers dans les principales premières divisions européennes atteignait à peine les 20 %. A cette époque, la présence d’étrangers était limitée par des quotas nationaux pratiqués en toute légalité. Seize ans plus tard, l’effet Bosman s’est clairement fait sentir (46,5 %) ce qui donne une augmentation d’environ 129 %.

 

Pourcentage d'expatriés recensés dans les pays du Big Five (1996-2014)

Saisons ENG GER ESPFRAITA Moyenne
1996 31,4 %23,1 % 20 % 13,7 %13,5 % 20,3 %
2014 62,9 %41,4 % 39 % 32,4 %54,5 % 46,5 %
Sources : CIES

 

Le Big Five polarise les meilleurs talents ainsi que l’essentiel des titres

Le Big Five, appellation pour désigner les 5 championnats les plus riches au monde, concentre désormais les meilleurs talents de la planète. En 1982, environ 1/3 des mondialistes étaient employés par un club du cinq majeur. Depuis, la polarisation s’est accentuée. La barre des 50% a été franchie en 2010. En 2014, on a même enregistré même un taux record de 52,72% soit 388 joueurs sur 736.

Nombre de mondialistes employés par le Big Five (1982-2014)

 1982 19861990 19941998 2002200620102014
B5/CM
Pourcentage
168/526
31,94%
177/528
33,52%
184/528
34,85%
188/528
35,61%
297/704
42,19%
350/736
47,55%
345/736
46,88%
384/736
52,17%
388/736
52,72%
Allemagne26 (21) 24 (20) 28 (17)39 (16)53 (18)59 (20)74 (21)
83 (23) 77 (16)
Angleterre50 (21)51 (20)46 (17) 38 (0)75 (22) 102 (22)102 (21) 116 (23)120 (22)
Espagne28 (22) 28 (22) 34 (22) 43 (22)69 (22)
58 (22) 51 (18)
60 (20)64 (14)
France37 (21)
36 (20)23 (0)
23 (0)
30 (9)56 (5)57 (11)46 (11)45 (8)
Italie27 (22)38 (22)53 (22)
45 (22) 70 (20) 75 (22)61 (23) 79 (23) 82 (20)
B5/CM = nombre de joueurs issus du Big 5/nombre total de joueurs inscrits en CM
Le nombre de joueurs nationaux figure entre parenthèses

Depuis l’entrée en vigueur de l’arrêt Bosman en 1996/97, la Ligue des Champions de l’UEFA ne compte que des vainqueurs issus du Big Five, sauf l’édition de 2004 remportée par le FC Porto (Portugal). Aussi, la France qui est la moins riche du lot, n’a gagné aucun trophée depuis 1993. A ce titre, on parlerait plus des « quatre fantastiques » que du « club des cinq ».

Palmarès de la C1 (1956-2014) UEFA C1 Logo

Liste par pays et par clubs
14 ESPAGNE

10 Real Madrid (1956, 1957, 1958, 1959, 1960, 1966, 1998, 2000, 2002, 2014)
4 FC Barcelone (1992, 2006, 2009, 2011)
12 ITALIE

7 AC Milan (1963, 1969, 1989, 1990, 1994, 2003, 2007)
3 Inter Milan (1964, 1965, 2010)
2 Juventus FC (1985, 1996)
12 ANGLETERRE

5 Liverpool FC (1977, 1978, 1981, 1984, 2005)
3 Manchester United (1968, 1999, 2008)
2 Nottingham Forest (1979, 1980)
1 Aston Villa (1982)
1 Chelsea FC (2012)
7 ALLEMAGNE

5 Bayern Munich (1974, 1975, 1976, 2001, 2013)
1 Hambourg SV (1983)
1 Borussia Dortmund (1997)
6 PAYS-BAS

4 Ajax Amsterdam (1971, 1972, 1973, 1995)
1 Feyenoord (Rotterdam 1970)
1 PSV Eindhoven (1988)
4 PORTUGAL

2 SL Benfica (1961, 1962)
2 FC Porto (1987, 2004)
1 ÉCOSSE

1 Celtic Glasgow (1967)
1 ROUMANIE

1 Steaua Bucarest (1986)
1 YOUGOSLAVIE

1 Etoile Rouge de Belgrade (1991)
1 FRANCE

1 Olympique de Marseille (1993)

 

 

RECOMMANDATIONS 

Vers de nouveaux critères d’éligibilité ?

Ayant abandonné le « 6+5 », la FIFA décide de trouver un autre angle d’attaque. En 2011, elle s’associe à l’UEFA pour travailler sur une nouvelle combinaison intitulée « premier enregistrement » et qui serait conforme au droit européen. La feuille de match serait limitée à 18 joueurs mais au moins 9 d’entre eux seraient dans l’obligation d’avoir signé leur première licence dans le territoire de l’association dans lequel est domicilié leur club. L’enregistrement serait effectué avant l’âge de 18 ans et le critère ayant trait à la nationalité serait totalement ignoré. Mais depuis, le projet est en stand-by, pour ne pas dire mort-né, mais il est adopté par Chypre et la Finlande. Jérôme Champagne candidat à l’élection présidentielle de la FIFA de 2015, souhaiterait adapter les préceptes du « 9+9 » au niveau du onze de départ, mais sans la limite d’âge. Notons que ce dernier avait été chargé d’imposer ledit « 6+5 » du temps où il était conseiller du Président Blatter entre 1998 et 2010, mais il s’était heurté au refus catégorique de l’UE.

6+5, 9+9 ou 4+4 ?

Trois formules ont déjà été proposées pour redéfinir les critères d’éligibilité en club : le 6+5, le 4+4 et le 9+9. Comparons-les. Le 6+5 est avant tout une règle sportive puisqu’elle ne s’appuie que sur la nationalité footballistique du joueur et donc de sa sélection. Ce qui la différencie de ses autres variantes qui n’exigent que le passeport (exemple 3+1 en Asie : quatre étrangers maximum dont au moins un issu du continent asiatique). Une brèche qui permet de contourner l’esprit originel de ce 6+5 (une seule sélection possible) en passant par la case naturalisation. Autre point fort : le 6+5 est la combinaison qui permet de faire jouer un plus grand nombre de joueurs nationaux. On relève toutefois deux griefs :

– son problème, si c’en est un, c’est qu’il est indirectement lié à la nationalité juridique, ce qui perturbe l’UE, allergique à toute référence nationale;

– le plus grand défaut qu’on lui voit, réside dans l’identité de jeu des sélectionnables : un international n’est pas censé être formé par le pays de sa sélection, c’est souvent le cas des binationaux…

La règle du « premier enregistrement » ou « 9+9 »  se calque sur une feuille de match limitée à 18 joueurs. Cette idée originale qui attend toujours d’être appliquée, demeurerait toutefois sans grands effets pour deux raisons :

– le critère définissant un joueur formé au club, n’est pas mentionné. Quelle que soit la nationalité, il suffit d’avoir été enregistré avant ses 18 ans pour être implicitement reconnu comme un joueur du terroir, ce qui est largement insuffisant.

– Si la règle du 9+9 était appliquée, on serait sûr de voir un minimum de 2 joueurs sur le onze de départ. Là encore, ce n’est pas assez et la réforme ne risque pas d’avoir beaucoup l’effet escompté surtout en ce qui concerne l’incertitude du résultat.

Dans le lot, la règle cosmétique du joueur formé localement (4+4) est la seule formule qui apporte cette garantie, mais il ne s’agit que d’une mesurette. L’UEFA exige en effet que le footballeur soit formé au moins 3 ans dans un même pays, dans une tranche d’âge comprise entre 15 et 21 ans. Ce qui veut dire, qu’un footballeur peut avoir été façonné par deux pays… Là aussi, la durée de la formation est à peine significative. Et ce n’est pas de cette façon que l’on fera ressortir l’identité de jeu d’une équipe. Contrairement au 9+9, les 8 joueurs forgés au pays (dont 4 par le club) ne sont pas sûrs de figurer sur la feuille de match et encore moins d’être alignés sur le onze de départ, car leur présence n’est obligatoire que dans une liste limitée à 25 joueurs. De la pure garniture.

La proposition de F3V : imposer le 8+8 

Pour atténuer les déséquilibres économiques et sportifs de cette « clubalisation », on édicterait un règlement qui s’inspirerait du « 9+9 » pour la feuille de match et du « 4+4 » pour le statut du joueur formé localement (JFL ou JOFOLO). A la corbeille donc le « 6+5 » jadis prôné par la FIFA et fondé sur la nationalité et le football de sélection. On reviendra sur le profil du JFL dans un autre post, toutefois un joueur ne pourrait être forgé que par une seule association.

Intéressons-nous à une nouvelle règle qui s’intitulerait « 8+8 ». La feuille de match serait limitée à 16 joueurs, et au moins 8 d’entre eux seraient des JFL. Les cinq remplaçants pourraient prendre part au même match (cf. l’article « augmenter le nombre de remplaçants » dans le volet « lois et institutions »). On aurait pu proposer un 6+5 basé sur ces nouveaux critères, mais cela réduirait la marge de manœuvre de l’entraîneur en matière de coaching. Ce règlement qui se veut universel, ne serait appliqué que dans les compétitions officielles et ne concernerait que l’équipe première de chaque club, qu’il soit amateur ou professionnel. Au coup d’envoi, le nombre minimum de joueurs locaux ne saurait être inférieur à 3, y compris si une équipe se retrouvait en situation d’infériorité numérique. Si une équipe présentait moins de 8 locaux dans la feuille de match, le nombre de remplaçants serait réduit en conséquence (cf. tableau ci-dessus). Les joueurs qui n’auraient pas le statut de JFL seraient appelés JLC ou JOLICHO (Joueurs Librement Choisis). Si les instances étaient d’accord pour adopter ce 8+8, les clubs disposeraient d’un délai de 5 ans pour se conformer à cette nouvelle règle (5 ans = durée maximale d’un contrat). Tout club qui ne respecterait pas ces dispositions, se verrait sanctionné par une défaite sur tapis vert ou par une disqualification ou un retrait de points si cela concerne 2 équipes dans un même match.

 

Règle du 8+8

Nombre de joueursJFL (minimum)JLC (maximum)
1138
1248
1358
1468
1578
1688
JFL : Joueurs Formés Localement
JLC : Joueurs Librement Choisis

 

La liste des joueurs

Les associations nationales ne pourraient plus statuer sur l’éligibilité des joueurs au niveau de la feuille du match ou du onze de départ, car ces deux points seraient exclusivement régis par le 8+8.  En revanche, elles seraient compétentes pour définir les critères liés à la nationalité des joueurs (cf. tableau ci-dessous avec pour exemple une association par continent), mais seulement au niveau de l’effectif (quota de joueurs nationaux, nombre d’étrangers autorisés et désignés en tant que tels etc.). Quelle que soit la compétition, une équipe ne pourrait pas utiliser plus de 30 joueurs dans la saison, mais la liste en comprendrait au moins 24 en début d’exercice. Les confédérations n’auraient plus leur mot à dire, sauf si une décision était prise d’un commun accord pour être appliquée à un niveau national (exemple 3+1 en Asie). 

Règle des 30 joueurs

Pays (Confédérations)ListeFeuille de match
France (UEFA)4 joueurs extra-communautaires maximum 8+8
Brésil (CSF)5 joueurs étrangers maximum8+8
USA (CONCACAF)8 joueurs étrangers maximum (sauf résidents)8+8
Cameroun (CAF)5 joueurs hors CEMAC maximum8+8
Japon (AFC)Règle du 3+1 (4 dont 1 asiatique)8+8
N. Calédonie (OFC)Pas de restrictions sur les nationalités 8+8
CEMAC = Communauté Economique et Monétaire de l’Afrique Centrale.

FOOTBALL WORLD VISION

Si le concept du 8+8 était appliqué, il réduirait sensiblement les effets indésirables de la mondialisation en assurant quatre fonctions :

– régulatrice : meilleure répartition des talents étrangers entre les clubs, renforcement de l’équilibre compétitif ;

– formatrice : réancrage territorial des clubs, préservation de l’identité de jeu des formations ;

– protectrice : pour les clubs exportateurs qui seraient mieux armés pour résister aux départs de leurs joueurs ;

– incitatrice : pour clubs importateurs qui seraient obligés de former ou de puiser dans le réservoir national.

Entre le système obsolète et très fermé qui précéda la mondialisation des clubs (absence de contrat à temps etc.) et la dérégulation provoquée par les divers arrêts (Bosman, Malaja…), ce qui est proposé constitue un juste milieu. Avec le 8+8, les effectifs les plus cosmopolites seraient au pire « glocalisés ».

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